La photographie est-elle soluble dans le multimédia ?

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La photographie est-elle soluble dans le multimédia ? C’est une question que l’on peut légitimement se poser à l’heure où le multimédia envahit nos vies et nos écrans et où il devient quasiment incontournable dès lors que l’on s’intéresse aux arts de l’image.

Personnellement, pour moi, les arts de l’image sont un tout, et j’essaye, par mes créations, de pratiquer ( avec plus ou moins de bonheur, il est vrai) aussi bien la peinture, la photo que la vidéo ou bien encore la création sonore. De mon côté, la photographie est le roc où je m’enracine; ensuite, à partir de cette pratique, je peux aller dans différentes directions. Il y a, pour ma part, un côté méditatif et presque mystique dans l’art photographique tel que je le pratique qui convient à cette part secrète de moi- même, qui cherche à entrer en communion et communication avec qui l’environne. J’ai un rapport presque magique aux choses et à la nature, presque panthéiste et je cherche, par mes créations, notamment photographiques, à rendre cet esprit, ce kami, diraient les japonais, qui pour moi habitent les choses animées et inanimées.

Et c’est là, précisémment, que le multimédia, peut être utile selon moi, en tâchant de rendre compte de ce que j’ai ressenti devant tel ou tel spectacle de la nature, afin, à mon tour, de toucher le spectateur dans toutes ses dimensions sensorielles. D’après mes photos et mes poèmes, je construis des livres de photo et poèmes en version numérique avec vidéo et son ( je suis précisémment en train de faire une version multimédia de mon dernier ouvrage pour ipad et ebook), ainsi que des diaporamas avec bande son de ma composition ( en attendant de pouvoir faire de vrais courts- métrages). C’est une nouvelle dimension de ma production artistique, qui n’annule pas les autres, en particulier les livres papiers ou ma galerie en ligne, qui continuent d’exister, car ils ont chacun leur raison d’être.

Je crois qu’un artiste, aujourd’hui, s’il veut se faire connaître et toucher le plus large public possible, se doit de multiplier les supports et les expériences artistiques, sans se renier toutefois et dans la mesure où ces actes sont compatibles avec son message artistique et sa conception personnelle de l’art. C’est pourquoi je ne vois pas d’antagonisme entre les différents arts de l’image, ni entre le multimédia et la photographie, mais plutôt une complémentarité, pour peu que cette complémentarité soit pensée et intégrée dans le message global de l’artiste, et non un simple effet de mode.