le dessin animé, un lieu pour renaître

By

Le dessin animé, un lieu pour renaître.

Le dessin animé a eu une grande importance, tout au long de ma vie, et continue d’en avoir à présent.

Tout d’abord, il y eut une expérience fondatrice, originelle et originaire, le Livre de la jungle des Studios Walt Disney.
Ce film, peut être le premier que je vis, vers l’âge de 5 ou 6 ans (avec 20 000 lieues sous les mers) a été une expérience capitale et fondamentale pour moi, et, d’une certaine façon, l’est encore à présent.
C’était la première fois que je voyais une œuvre où je me sentais directement concernée, une œuvre dont j’avais l’impression qu’elle s’adressait à moi en tant que personne, une œuvre qui parlait autant à mon cœur qu’à mon esprit. D’une certaine manière, cette histoire d’un enfant-loup, élevé loin des hommes et qui, grâce à l’amitié et à son courage et son intelligence, allait parvenir à dénouer toutes les situations périlleuses auxquelles il était confronté et à rejoindre finalement ses semblables, me parlait aussi de moi, sans que je m’en rende compte et de ce qu’allait être ma vie.
Ce film fut pour moi mon premier tuteur de résilience et sans doute l’un des deux plus importants, et tout ce que j’ai fait, fais actuellement ou ferai, est inspiré, de près ou de loin, par l’enseignement que j’ai retiré du Livre de la jungle.

Une autre rencontre fut fondatrice pour moi, celle des dessins animés japonais, particulièrement ceux des Studios Ghibli. Alors que j’étais en complet désarroi émotionnel et en pleine recherche de ce qui pourrait me donner le sentiment d’exister pleinement, comme un être de raison et d’émotions, ces films surent me montrer la voie pour me reconnecter avec mon côté émotionnel et avec ce qui comptait vraiment pour moi.
Les films de Myazaki et de Takahata en particulier sollicitèrent en moi des émotions que je croyais avoir oubliées et enfouies à jamais en moi, chaque nouveau film que je voyais étant l’occasion d’aller plus loin dans cette découverte. Après chaque séance, je me sentais toujours plus émue et bouleversée et toujours un peu plus vivante et heureuse de l’être. Vraiment, ce cinéma d’animation là fut l’occasion inespérée mais tant attendue d’une véritable renaissance sur tous les plans, émotionnel, bien sûr, mais aussi physique et intellectuel. Mon esprit, de nouveau connecté à mes sensations corporelles et à mes affects, se révéla vite beaucoup plus vif et alerte que pendant la longue période de marasme que j’avais connue plusieurs années durant. J’étais en train de redevenir, par la grâce du cinéma japonais, un être de chair et de sang, qui ressentait et pouvait de nouveau exprimer ses émotions  et sentir son corps et son esprit pleinement en vie.

Ainsi, après m’avoir fourni les instruments pour affronter les épreuves qui allaient jalonner ma vie, le cinéma d’animation m’a offert les moyens et le lieu pour renaître, émotionnellement, physiquement et intellectuellement. Le dessin animé a été et est toujours pour moi une source inépuisable de vie, de bonheur et de joie.

Publicités