Naissance de l’aube à Yzeron, au printemps 2017.

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Naissance de l’aube à Yzeron,  au printemps 2017.

 

Nuit, un réveil sonne. Je tâtonne pour arrêter le réveil, 5h00. La question est, je me réveille ou pas, l’aube et le lever de soleil ne m’attendront pas.

Donc, je me lève, lourdement, j’allume la lumière. Dehors, par la fenêtre, c’est encore la nuit et je me dis, à cette heure là, décidément ce n’est pas une heure bien chrétienne pour se  mettre en route.

Je cherche mes habits, les yeux ensommeillés et commence à rassembler mon matériel. Appareil photo, fait, objectif, fait, vérifier la batterie et la carte mémoire, vérifier que les filtres et tout ce qui va avec est là. Prendre l’enregistreur, vérifier le niveau de la batterie et du disque dur, mettre tout ça dans ma sacoche et descendre, le trépied m’attend dans la véranda.

 

Dans la pénombre, les marches de l’escalier se distinguent mal et même avec la lumière, les yeux encore embués de sommeil, la descente n’est pas aisée. Voilà, j’arrive dans la cuisine et fébrilement, je regarde à travers les fenêtres de la véranda.  Ouf, le soleil est bien là au rendez-vous, les nuages sont juste un peu présent, pour donner plus d’intérêt au paysage.

J’ouvre la porte, et c’est le concert des chants d’oiseaux qui m’accueille. C’est une véritable symphonie, un véritable bain de sons, de lumière et d’odeurs qui m’entoure et m’enveloppe pour célébrer la venue du jour.

Je suis heureuse, véritablement heureuse, une nouvelle fois, le jour va apparaître et c’est comme si toute la nature se réjouissait avec moi, une véritable ode au soleil levant va avoir lieu,  et je serais là, seule, avec la nature et les chants d’oiseaux. Je mets l’enregistreur en route, le pose sur la table et je referme la porte.

 

Revenue dans la véranda, il faut tout mettre en place avant le lever du soleil. Ouvrir la fenêtre, déplier le trépied, sortir l’appareil photo, ne pas oublier de mettre le filtré dégradé neutre et, finalement, le poser sur le trépied. Et c’est là, alors, que tout se joue, car chaque matin, les conditions de lumière sont différentes et donc les réglages aussi. Pour réaliser un timelapse du lever, c’est-à-dire, plusieurs centaines de photos qui seront compilées pour donner l’illusion du mouvement, il importe de faire très attention aux différents réglages, car une fois ceux-ci fixés et le timelapse lancé, je ne pourrai plus rien modifier. Et là, c’est surtout mon expérience des levers à Yzeron qui va m’aider à choisir les bons paramètres ce matin.

 

Ca y est, alea jacta est, je lance le timelapse, en espérant n’avoir pas fait d’erreur sur les réglages. Les oiseaux redoublent de vigueur dans leur chant, au loin on entend un coq. L’horizon devient plus rose, plus rouge, il s’enflamme de plus en plus et au loin, on aperçoit le ballet incessant des martinets dans le ciel.

Je retiens mon souffle, impression , comme à chaque fois, de renaissance, la mélodie des oiseaux m’environne, me porte, je ne vis que par le chant des oiseaux, les yeux fixés sur l’horizon, pleins d’un espoir fou.

 

Et soudain, un point rouge à l’horizon, qui grandit, grandit, grandit encore, mon existence est suspendue à cet instant, sentiment d’éternité. Les oiseaux redoublent d’ardeur et semblent comme pris de folie et moi avec eux. Un feu de joie s’allume en moi et m’embrase tout entière, enfin, il est là, et tout d’un coup je me sens martinet, voguant dans le ciel à la rencontre de mon frère le soleil. Je n’existe plus que par cette vision et ce ses sons, je suis le soleil à son lever et la nature lui rendant hommage, je suis l’égal, l’aimé de Râ, et je rends un culte à mon Dieu tout -puissant et bienfaisant.

 

Et puis, le soleil se lève vraiment, il est déjà haut dans le ciel, il ne me reste plus qu’ à plier mon trépied, ranger mon appareil photo et arrêter l’enregistreur sur la terrasse. Demain, je serais de nouveau au rendez- vous, aux noces du soleil et des oiseaux. Demain, ce sera un autre jour qui naîtra et je renaîtrai avec lui, encore et encore.

 

 

 

 

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